L’amour, le mal du siècle? (2)

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Je me suis penché dans le premier volet de ce texte sur les relations de couple et les raisons pour lesquelles c’est devenu de plus en plus compliqué.
Je poursuis ici mon analyse en espérant pouvoir trouver des réponses.

Pourquoi l’amour semble devenir quelque chose de rare? Avons-nous oublié ce qu’est l’amour? Savons-nous aimer encore?

Sommes nous devenus si égoïstes et/ou égocentriques?

L’autre est juste un objet pour améliorer notre existence, nous offrir une gratification instantanée, un baume temporaire sur nos corps et nos cœurs. En fait, nous cherchons la gratifications instantanée dans tout ce que nous faisons : ce que nous publions sur internet, les carrières que nous choisissons et les personnes dont nous tombons amoureuses. Nous voulons la maturité et la connexion émotionnelle qui prennent du temps à se développer alors que nous nous connaissons à peine. Apparemment rien ne vaut notre temps, pas même l’amour.
Nous sommes devenus si égocentriques et si égoïstes.
Nous évaluons ce que nous apporte l’autre, nous ne questionnons pas sur ce que nous lui apportons. Le moi prime envers et contre tout et tous.

Aimons nous la facilité?

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Nous ne sommes pas prêts à investir de son temps et à s’investir en général pour que ça fonctionne. Nous ne sommes pas prêts à faire des compromis et des sacrifices. Nous sommes des déserteurs. Au premier obstacle, nous abandonnons. La patience on connaît pas.
Et pour être dans l’ère du temps, nous consommons.
Et dès que nous commençons à avoir des doutes, nous nous demandons si l’herbe est plus verte chez le voisin. Nous jetons l’éponge. Nous explorons d’autres possibilités. Et il y en a tellement. Nous sommes dans une décennie de possibilités. Tant de possibilités! La tentation est trop grande.
Que cherchons nous? Avons nous des attentes surréalistes?
Peut être que nous cherchons l’excitation et l’enthousiasme de rencontrer quelqu’un de nouveau. Nous cherchons de la compagnie, mais nous ne cherchons pas quelqu’un qui lise en nous, quelqu’un qui puisse nous saisir. Nous passons du temps ensemble mais nous fabriquons pas de souvenirs ensemble. Nous ne voulons pas un partenaire de vie, nous voulons quelqu’un qui nous fasse sentir vivants maintenant. Passé l’enchantement, nous découvrons l’état prosaïque des choses, état auquel nous nous étions pas préparés.

Et puis comme nous voulons tout avoir, nous préférons passer une heure avec 10 personnes, qu’une journée avec une seule. Efficacité me diriez-vous.
Nous nous mettons en relation à la moindre étincelle d’attirance et nous partons dès qu’une personne ‘mieux’ pointe son nez. Nous ne voulons pas faire ressortir le meilleur dans cette personne. Nous voulons qu’elle soit déjà prête pour nous, parfaite, the whole package. Nous sommes tellement déçus par tout le monde.

Et le sexe dans tout ça?

Nous sommes ce que nous appelons une génération libérée. Nous pouvons faire la différence entre l’amour et le sexe, ou le croyons du moins. Nous couchons ensemble et par la suite nous décidons si nous voulons aimer la personne. Le sexe est à la portée, la loyauté ne l’est pas.
Nous ne le faisons plus parce que nous aimons l’autre personne, mais parce que ça nous fait sentir bien. Nous avons besoin de l’accomplissement temporaire et la satisfaction que ça procure.
Le sexe en dehors des relations est devenu chose courante. Et on assiste à la naissance de différentes étiquettes pour qualifier nos pseudo-relations : relation ouverte, sex friends, coup d’un soir, ami de baise occasionnel…
Autant de variantes et de noms qui ne laissent pas de place à l’amour dans nos vies.

Il n’y a rien que nous ne pouvons vaincre dans ce monde, et pourtant, nous sommes si maladroits au jeu de l’amour – le plus fondamental des instincts humains. Et ils appellent ça l’évolution…