Une petite soirée sympa avec Les Enivrés

Prendre un petit verre de trop et devenir un peu trop volubile, ça peut arriver à tout le monde, mais dans cette pièce, Les Enivrés, ils en sont à un tout autre stade…

Ce groupe de soûlons fait jaser en ce moment au théâtre Prospéro, et ce jusqu’au 16 décembre.

Assurez-vous d’aller leur rendre visite!

Les énivrés

Les Enivrés – photo Nicolas Descôteaux

C’est le Groupe de la Veillée qui présente ce projet. Le Groupe de la Veillée est une compagnie qui se donne pour mission de faire rayonner la dramaturgie étrangère au travers d’une complète appropriation de ces textes, d’un esprit d’ouverture et d’une surprenante audace. C’est sur la scène principale du Théâtre Prospero qu’une distribution exceptionnelle de dix acteurs vous transportera pour une heure et demi de spectacle sans entracte dans une nuit déchaînée au travers de ruelles, de bars et d’appartements.

Les Enivrés

Les Enivrés – photo Nicolas Descôteaux

Le texte, il est d’Ivan Viripaev, un Sibérien qui parle du théâtre comme de son sauveur. Il reçoit de nombreux prix en Russie et en Pologne pour son travail de dramaturge qui se situe dans le registre du Nouveau Drame russe.

“Il aimerait que son théâtre “couvre toutes les histoires… pour les amener au silence”.
Isabelle Demeyere

La mise en scène signée Florent Siaud sait nous mettre dans cette atmosphère de fin de soirée bien arrosée un peu chaotique et nébuleuse. Florent Siaud est grandement apprécié au Québec où il a déjà créé entre autres Quartett de Heiner Müller, Illusions toujours d’Ivan Viripaev et Toccate et fugue d’Étienne Lepage.

La distribution réunit sur une même scène des grands qui jouent avec justesse cet état où tout devient flou. Je dois avouer que j’ai eu un petit faible pour ce Max qui est tout frais et pimpant et aussi pour ce Gustav qui me fit me remettre en question plus d’une fois.

“Aimer la viande grillée et aimer Jésus, c’est une seule et même chose, l’essentiel c’est d’aimer !” Ivan Viripaev, Les Enivrés

Bien que l’alcool ou l’état d’ébriété ne soit pas du tout le sujet de cette pièce, il en est le moteur pour aborder dans une espèce de légèreté des questions plutôt existentielles.
Les thèmes s’entrecroisent d’un tableau à l’autre sans jamais en tirer une conclusion un peu comme “dans la vraie vie”. Les discours sont francs et crus, comme ceux auxquels j’aimerais être plus souvent confrontée. Ce qui m’amène à me demander : Sommes-nous rendus à une étape dans ce monde où parler de sujets chauds comme la politique, la spiritualité et l’amour ne peut plus se faire à jeun?

Allez-y pour revisiter et préparer vos sujets fétiches pour les multiples discussions que vous aurez lors de vos soirées des temps des fêtes ou juste pour votre amour du théâtre.

Les Enivrés jouera jusqu’au 16 décembre.

Pour avoir plus d’informations concernant la pièce Les Enivrés par Ivan Viripaez, visitez le site du Théâtre Prospero.