J’ai testé le Shibari ou l’art japonais du bondage

Shibari

J’ai toujours été fascinée par le Shibari, ou plus communément l’art du bondage kinbakuL’attrait était non seulement artistique ( photographique) mais venait aussi de ma curiosité d’expérimenter les émotions induites par la corde.

C’est quoi le Shibari?

Le shibari est l’appellation qu’a pris le kinbaku en occident à partir des années 1990.  Il s’agit d’attacher et suspendre dans les airs une autre personne (nue ou pas) à l’aide d’une ou plusieurs cordes faites de chanvre ou de jute. Les mouvements de l’attaché s’en trouvent donc entravés.
Bien que beaucoup associent la pratique du Shibari ou le bondage à des pratiques uniquement sexuelles liées au domaine BDSM (Bondage, Discipline, Sado-Masochisme) ou à un fétichisme, le kinbaku peut être non sexuel. Il est d’ailleurs considéré comme un art à part entière par les spécialistes du maniement de la corde.

 

L’expérience Shibari

En faisant mes recherches, je suis tombée sur Tension, un petit studio dans Saint-Henri.
Sammy et Monika étaient nos enseignants pour la soirée.

On nous enseigne donc le noeud de base et la pratique est supervisée, les instructions claires, l’ambiance décontractée.
Par la suite, l’instructeur nous dit de nous concentrer sur la communication, ce qu’on veut communiquer à notre partenaire par la corde.
Je dois avouer qu’au début j’ai eu dû mal à lâcher prise, control freak que je suis. Il faut être patient, car les deux partenaires sont dans un processus d’apprentissage :  attacher et être attaché (e). La confiance est, aussi, un aspect très important. Quand on donne à l’autre la possibilité d’entraver nos mouvements, il faut avoir confiance en lui pour qu’il respecte nos propres limites. Car toutes les positions ne sont pas agréables, certaines sont mêmes douloureuses, mais ça c’est une autre affaire. Donc, si vous pensiez que ça sera un moment agréable sur votre corps, passez votre chemin.

La communication est importante, très importante. J’imagine surtout aux débuts, quand il s’agit de partager ses craintes et de déterminer ses limites physiques ou même psychologiques. Il est important de se sentir en sécurité pour pouvoir profiter pleinement de l’expérience.
Une fois qu’on se laisse aller, et qu’on donne ce pouvoir là au partenaire, quelque chose se produit.
Le fait d’être contrainte à ne pas bouger, d’être à la merci de son partenaire, sentir son regard confortant, ou brûlant de désir, des fois effrayant, est une expérience à part entière. On fait attention aux détails : la respiration de l’autre, son souffle contre notre cou, l’odeur de la corde, les cordes qui frôlent le corps, le serrent. Essayer d’anticiper le prochain move de son partenaire, ne pas savoir… C’était exaltant et excitant!

Bref, une expérience intéressante et palpitante car elle m’a fait repousser mes limites et ce fût aussi un moment de partage fort agréable avec mon partenaire.
Pour ceux intéressés par les suspensions, c’est les niveaux supérieurs et j’imagine qu’il faut beaucoup de pratique aussi.

 

 

Attention ! Je tiens à préciser pour ceux que ça intéresse que le shibari a des règles qu’il faut impérativement respecter, car c’est une pratique qui peut mettre en péril la santé du partenaire. Il faut aussi bien évidemment un consentement mutuel et une communication claire quant aux limites de chacun. Je dis ça car vous pourriez être surpris de ce que ça va faire ressortir comme émotions chez vous comme chez votre partenaire.

 

Pour ceux que ça intéresse, Tension offre des cours de niveau 1 tous les mercredis au coût de 40$ par couple et ont même des soirées de pratique.

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