Le Déclin de l’empire américain de retour à l’Espace Go

Affiche de la pièce de théâtre Le Déclin de l'empire américain

Après le succès rencontré en 2017 et sa tournée en régions, le Déclin de l’empire américain est de retour sur scène à l’Espace Go, jusqu’au 27 octobre 2018.

Pièce adaptée du célèbre film de Denys Arcand (1986) grâce au Théâtre PÀP, elle s’interroge sur la déliquescence de notre société, à travers le prisme de discussions sans filtre entre amis sur la question du sexe et de l’amour.

Des quarantenaires bobos parlant de sexe, sans complexe

Le pitch : un groupe d’intellectuels se retrouve pour passer un week-end entre amis dans un chalet en Estrie, aux portes de « l’empire américain ». Pendant que les hommes préparent le repas, les femmes se détendent dans un spa et s’exercent au yoga. À cette occasion, tous et toutes évoquent librement leurs histoires d’amour et leurs expériences sexuelles, sans tabou. Hommes et femmes se rejoindront plus tard dans la soirée pour partager le repas, confronter leurs points de vue jusqu’au petit matin et vivre un moment de vérité.

Grâce au talent d’adaptation d’Alain Farah et Patrice Dubois, c’est la génération X voire Y (avec la jeune étudiante incarnée par Marilyn Castonguay) qui se questionne sur l’amour et le sexe et expose ses nouveaux codes sociaux. Les personnages du Déclin de l’empire américain sont des « bobos », parfois tournés en dérision, voire clairement pointés du doigt par le personnage joué par Alexandre Goyette, n’appartenant pas à ce milieu et dénonçant la frivolité de leurs échanges face à ses réalités de père de famille en difficultés.

Mais que cherchent-ils dans cette quête effrénée des plaisirs de la chair? Sont-ils heureux de leur vie amoureuse? Pas si sûr.

 

Alexandre Goyette dans le Déclin de l'empire américain

Alexandre Goyette dans le Déclin de l’empire américain – Crédit : Claude Gagnon

Des échanges crus, drôles ou « malaisants »

Il y a le mari volage (Patrice Dubois) et l’homme à femmes désabusé (Bruno Marcil), qui nous font sourire avec leur vantardise, mais qui nous dégoûtent par leur condescendance et leurs certitudes. Il y a Claude (Dany Boudreault), photographe homosexuel dans une quête effrénée de relations sans lendemain, qui crée le malaise avec son attirance pour les relations non protégées et son admiration pour les « fesses d’un garçon de 12 ans ». Les femmes ne sont pas en reste avec leurs confidences, parfois timides (Rose-Maïté Erkoreka) ou plus osées (Anne Casabone et Marie-Hélène Thibault). Véritable révolution dans le film de Denys Arcand en 1986, elles surprennent moins aujourd’hui, mais mettent sur la table la variété d’un désir féminin pleinement assumé.

Ce mélange des genres nous fait à la fois sympathiser avec les personnages, mais également les mépriser pour leur hypocrisie et parfois pour leur manque de respect envers l’autre. Cela trouve son apogée dans la révélation finale de la pièce, véritable coup de poignard entre amis. Malgré leur impertinence et parfois leur suffisance, les personnages révèlent toute leur fragilité et leur solitude, bien tangible au lendemain de cette soirée de vérité.

 

Marie-Hélène Thibault et Claude Dubois dans Le Déclin de l'empire américain

Marie-Hélène Thibault et Claude Dubois dans Le Déclin de l’empire américain – Crédit Claude Gagnon

 

 

Le Déclin de l’empire américain rebat les cartes des questions amoureuses et sexuelles de notre époque contemporaine. Elle soulève la problématique de l’individualisme forcené, causé par la recherche d’un épanouissement personnel à tout prix. Est-ce cela le déclin annoncé de notre civilisation nord-américaine, où chacun est trop centré sur lui-même pour arriver à tisser des liens amoureux durables avec l’autre? À vous d’y apporter vos réponses!

 

Le Déclin de l’empire américain (en reprise)
Du 12 au 27 octobre 2018
Espace Go

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