Birdman ( ou la surprenante vertu de l’ignorance)

Birdman

Grand vainqueur des oscars, Birdman, le cinquième long métrage d’Alejandro González Iñárritu est un chef d’oeuvre sur bien des plans.

En effet, bien que différent de ses films antérieurs, ce film est très intéressant du point de vue de la technique, des dialogues, de l’intrigue ainsi que du jeu des acteurs.

Cette comédie noire, qui a été écrite, réalisée et produite par Iñárritu, portée à l’écran par, entre autres, Michael Keaton, Edward Norton, Naomi Watts et Emma Stone, traite de la vanité humaine et du milieu cinématographique hollywoodien.

Qui est Riggan?

Riggan Thomson (Michael Keaton), le protagoniste du film, a endossé le rôle d’un super héros dans une trilogie cinématographique. On assiste à sa reconversion au théâtre, reconversion forcée pour regagner la reconnaissance du public.

En effet, Riggan se met en scène dans une pièce tirée et adaptée d’une nouvelle de Raymond Carver. Il s’offre le beau rôle pensant que cette pièce donnera un nouveau souffle à sa carrière et permettra aux spectateurs de le voir autrement que « Birdman ».

Riggan a un alter ego en la personne de Birdman, la voix en hors champ de sa mauvaise conscience, de ses démons.

On suit Riggan dans sa remise en question, ses doutes, star de Hollywood désabusé et cynique qui n’arrive pas à bout de ses questions existentielles.

Michael Keaton offre une composition nuancée du personnage de Riggan et lui donne une dimension humaine plus universelle au delà de l’acteur de Hollywood.
Peu avant la fin, Riggan accède enfin à une reconnaissance éphémère, reconnaissance basée sur un malentendu. Malgré qu’il convoitait cette reconnaissance, Riggan en toute innocence cueille le fruit de son ignorance ( d’où le sous-titre du film).

Aux côtés de Riggan, Mike (Edward Norton), un comédien new-yorkais embauché par Riggan, est un misanthrope égocentrique qui ne manque pas repousser Riggan dans ses retranchements.

La technique au service de la névrose

Ce qui intéressant c’est l’effondrement des barrières auquel on assiste pendant tout le film, effondrement entre le jeu et la réalité entre aussi la scène et les coulisses.

Cet effet est accentué par la mise en scène de Iñárritu. Birdman est filmé en plans-séquences ( séquences filmées d’une seule traite, sans montage ni coupe), rythmé par une trame sonore omniprésente et originale. Et en tant que spectateur l’on ne peut qu’apprécier la virtuosité du choix et de la technique et la fluidité que ça donne au film. On se laisse prendre et on ne remarque pas les transitions quasi-invisibles. Les personnages gagnent en proximité.

Des réserves sur le film?

Le seul bémol que je mettrais à ce film, ça serait la fin. Une fin voulue ouverte, mais qui laisse perplexe vu l’enchaînement des événements et l’intrigue du film. Iñárritu a peut être voulu laisser libre cours à l’imaginaire et l’interprétation du spectateur mais je trouve que paradoxalement les interprétations sont limitées.

Pour conclure, bien que Birdman ne soit pas la première critique du monde du show-business, néanmoins il reste un des meilleurs de sa catégorie vu la manière brillante avec laquelle il a été exécutée.

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