L’assemblée : cette puissante invitation au dialogue

L'asemblée - espace Go

Certaines discussions sont non seulement difficiles, car elles sont polarisantes, mais aussi, car elles nous confrontent à nos propres contradictions. Et la pièce L’assemblée, présentée en reprise à l’Espace Go du 25 février au 8 mars, soulève justement la question de la polarisation politique et des idéaux en lesquels chacun croit. 

Synopsis

Projet de la compagnie de théâtre documentaire Porte Parole, L’assemblée confronte 4 femmes de divers milieux, idéaux, vécus et donc ayant des opinions politiques différentes. 

On retrouve Isabelle (Pascale Bussières), une féministe québécoise, d’origine française ; Josée Rivad (Amélie Grenier), une « Québécoise de souche » et ex-membre de La Meute anciennement mariée à un Tunisien conservateur ; Yara (Nora Guerch) une jeune militante féministe québécoise de deuxième génération et de parents libanais et Riham (Sounia Balha) Québécoise et musulmane voilée. 

Les deux animateurs de cette rencontre posent des questions aux 4 femmes qui tentent d’y répondre en étayant leurs points de vue, mais sans prendre position eux-mêmes. 

Le débat déchaîne les passions, c’est que les sujets abordés sont sensibles. Il s’agit là d’intégration, de féminisme, de racisme. Les 4 protagonistes arrivent néanmoins à se rallier en trouvant un ennemi commun en la personne de Valérie, une anglophone islamophobe et antiféministe dont l’étroitesse d’esprit rebute les 4 femmes. 

À la fin du spectacle, le public est invité à créer sa propre assemblée pour continuer la réflexion.

Mon avis

Ce qui est intéressant c’est la tentative d’humaniser les personnes derrière les images et les stéréotypes entourant ces 4 personnages. Les écrans au-dessus de la table servent à nous rappeler cette dualité entre l’humain et l’image qu’on se fait de lui. 

L'assemblée - Espace Go

Crédit Photo Espace Go Facebook

 

L’assemble nous invite donc, à sortir de son expérience personnelle et essayer de comprendre celle de l’autre, écouter l’humain au-delà de l’image que les médias nous projettent et que la société se fait de lui.

Ayant personnellement été exposée au racisme, j’ai fait le constat suivant : on essaie souvent de se convaincre les uns les autres. On ne s’écoute pas, on ne dialogue pas, on reste sur nos positions. On est sur la défensive si ce n’est sur l’offensive quelques fois. C’est que souvent, c’est difficile de dialoguer alors qu’on vient d’être attaqué. 
 

La discussion et la réflexion qu’apporte L’assemblée sont essentielles dans le contexte politique actuel (débat sur la laïcité et la loi 21), mais aussi dans une société plurielle et multiculturelle comme le Québec ou le Canada en général. 

L’invitation lancée au public de prendre place sur scène pour échanger et prendre part au débat est, avant tout, une invitation à dialoguer autour du vivre ensemble. 

Je me suis d’ailleurs fait la réflexion que c’est un effort constant que nous devons faire les uns avec les autres pour expliquer, dialoguer, écouter. Même si d’autres nous ont lésés ou blessés, ça reste notre responsabilité individuelle de ne pas laisser son expérience personnelle être teintée de colère, de rancœur et de fermeture, mais plutôt essayer de trouver ce qui nous assemble comme individus, citoyens et humains. 

L'assemblée - Espace Go

Yara (Nora Guerch)
Crédit Photo Espace Go Facebook

J’ai vraiment adoré la pièce. J’ai ri, j’ai été émue, j’ai réfléchi et je me suis beaucoup retrouvée dans la personnalité de Yara, la jeune femme passionnée défendant farouchement ses opinions, essayant tant bien que mal de trouver sa place en tant que femme et en tant que Québécoise.

D’ailleurs, j’ai abordé le sujet de l’identité dans un texte personnel que vous pourrez lire ici

L’assemblée

Texte : Alex Ivanovici, Annabel Soutar et Brett Watson. Mise en scène : Chris Abraham.
Au Théâtre Espace Go jusqu’au 8 mars 2020. 
Infos et billets

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