Dracula – Un nouveau règne du mal, quand Dracul’IA vous manipule.

Je suis allé voir Dracula – Un nouveau règne du mal, une réinterprétation théâtrale inattendue signée Marie-Claude Verdier et mise en scène par Frédéric Dubois au Théâtre Denise-Pelletier.

Dans cette adaptation, David Ranch, dit Dracula, est le PDG d’une grande entreprise en technologie et en intelligence artificielle, Lamia, l’assistant technologique le plus utilisé au monde, une compagnie qui n’est pas sans rappeler celle créée par Steve Jobs.

Une réflexion sur la technologie qui vampirise nos esprits

Dans Dracula – Un nouveau règne du mal, il s’agit, selon moi, d’une réflexion pertinente sur l’impact de la technologie et des assistants IA sur notre quotidien, ainsi que sur la dépendance qu’ils engendrent. La pièce pose aussi un regard critique sur les dirigeants de grandes entreprises, prêts à exploiter nos données sans réel scrupule.

Le parallèle s’impose rapidement : Dracula devient une figure à la Steve Jobs, tandis que Lamia évoque des assistants comme Siri et Claude. Mais ici, les intelligences artificielles ne sont pas le mal en soi, elles servent plutôt d’appâts modernes.

Le vampirisme n’est plus seulement symbolique : il devient systémique, intégré à notre quotidien. Et surtout, les victimes ne sont plus traquées… elles viennent d’elles-mêmes. Elles acceptent les outils, livrent leurs données, leur temps et, ultimement, leur sang.

Synopsis : la rencontre avec David Ranch, la quête

Jonathan et sa partenaire Sophie ont développé une application permettant de mesurer tous les signes vitaux et d’effectuer des analyses sanguines en temps réel. Par simple ponction, elle dresse un portrait complet de l’état de santé.

David Ranch, PDG d’une très grande entreprise technologique et guru de toutes les techs, s’intéresse à leur invention et les invite à son manoir à Silicon Valley afin de leur faire une offre qu’ils ne pourront refuser. Jonathan doit s’y rendre seul, puisque Sophie doit rester auprès de son père, Renfield, malade et ancien partenaire de Ranch.

Au manoir, Jonathan rencontre la créatrice de l’intelligence artificielle Lamia, ainsi que Ranch, dit Dracula. Ce dernier lui fait une offre qu’il ne peut refuser… et, pour célébrer, boit de son sang.

Sophie, Lucy (sa conjointe) ainsi que Mina (la conjointe de Jonathan) rejoindront éventuellement Jonathan au manoir de Ranch.

Critique du spectacle : une vision détournée du mythe

Personnellement, je m’attendais à une œuvre centrée sur Dracula, revisité à la lumière du monde contemporain. Pourtant, la pièce prend une direction différente, en proposant une lecture où le vampirisme passe moins par le mythe que par la technologie.

Dans cette version, David Ranch incarne un Dracula moderne, presque à la manière de Steve Jobs : un dirigeant charismatique, visionnaire, à la tête d’un empire technologique. L’intelligence artificielle (Lamia) et les assistants numériques ne sont pas le mal en soi, mais deviennent plutôt des outils, des appâts conçus pour attirer les victimes.

Cependant, cette idée, bien que pertinente et actuelle, n’est pas exploitée à son plein potentiel. Dracula demeure en retrait, presque accessoire, alors qu’il aurait pu être le cœur du propos. L’IA (Lamia), quant à elle, prend une place plus marquée, au point où l’on en vient à se demander si elle n’aurait pas dû être l’antagoniste principal.

Au final, la pièce propose une réflexion intéressante sur notre rapport à la technologie, mais s’éloigne du mythe original de Bram Stoker. Cette version de Dracula aurait, en somme, pu exister sans Dracula lui-même, ce qui soulève une question : qui est réellement le monstre ?

Informations pratiques

  • Dates : du 17 mars au 14 avril 2026
  • Lieu : Théâtre Denise Pelletier (Montréal)
  • Spectacle : Dracula – un nouveau règne du mal
  • Billetterie
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