Candide au Théâtre Denise-Pelletier : satire, naïveté et humour bien dosé

Candide fait escale au Théâtre Denise-Pelletier dans une adaptation satirique, intelligente et pleine d’humour. Entre naïveté, philosophie et clins d’œil contemporains, cette mise en scène signée Hugo Bélanger offre une relecture accessible et délicieusement mordante du conte de Voltaire.

Je suis allé voir Candide, l’adaptation théâtrale du célèbre conte satirique de Voltaire, mise en scène par Hugo Bélanger au Théâtre Denise-Pelletier. J’y étais accompagné de ma mère, âgée de 82 ans. Ni elle ni moi n’avions lu Voltaire auparavant, mais nous avons tous les deux une idée bien claire de ce que signifie être «candide» un peu trop naïf, optimiste, voire un brin nonchalant…un trait de personnalité qu’a poussé à l’extrême l’auteur des Lumières lorsqu’il a publié ce conte en 1759.

Une satire toujours actuelle

Dans Candide, Voltaire caricature la philosophie de Leibniz (« tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles »), les dogmes religieux, l’aveuglement idéologique et l’inhumanité de certaines institutions de son époque.

Candide, lui, traverse le monde avec une candeur incroyable. Naïf, confiant et crédule, il s’accroche à l’idée que tout arrive pour le mieux, même lorsque la réalité lui prouve le contraire. Ceci accentue le caractère absurde et cruel du monde qu’il découvre au fil de ses mésaventures.

L’adaptation d’Hugo Bélanger exploite très bien cet esprit satire, qui se manifeste non seulement dans la mise en scène, les décors et même l’interprétation et dans la composition des personnages. Soulignons les ruptures volontaires du quatrième mur, ruptures ponctuées de clins d’oeil cyniques contemporains. Comme lorsqu’un régisseur s’interroge avec ironie : « Pourquoi un régisseur ferait-il son travail sans qu’on le lui commande ? »

Synopsis : un voyage aux quatre coins du monde

Candide est chassé du château du baron de Thunder-ten-Tronckh parce qu’il est amoureux de la belle Cunégonde. Enrôlé malgré lui dans l’armée bulgare, il participe à une bataille sanglante puis parvient à s’échapper. Il erre ensuite en Hollande, où il retrouve son maître, le philosophe Pangloss, qui tente de rationaliser toutes les circonstances, même les plus tragiques. Commence alors un long périple qui mènera Candide à travers le monde et les continents, accompagné de Cacambo, son fidèle serviteur, de la vieille femme et du philosophe pessimiste Martin. Tous animés par la même quête : retrouver sa dulciné Cunégonde.

Critique du spectacle : un spectacle intelligent, drôle et assurément moderne

Ma légère crainte, avec ma maman d’origine française, était qu’elle ait déjà tout vu et qu’elle soit critique (du genre : « bof… j’ai déjà vu mieux à Paris »). Mais non ! Elle a franchement apprécié : je l’ai vue sursauter de rire et sourire tout au long du spectacle.

Pour ma part j’aime ces relectures contemporaines des grands classiques littéraires où l’on respecte l’esprit de l’auteur sans dénaturer le récit original. Les sujets sont très actuels : on y trouve des parallèles entre les relations de couple, l’escroquerie, l’opportunisme et la trahison, avec une touche de «p’tit Joe Connaissant » et de philosophie. Bref, on dirait la saga d’un parti politique !

Cette création du Théâtre Tout à Trac (Le rêveur dans son bain; Münchhausen, les machineries de l’imaginaire) est une adaptation inventive, cocasse et rafraîchissante de l’œuvre la plus connue de VOLTAIRE.

Une pièce à voir en couple, en famille…ou avec maman.

Informations pratiques

  • Dates : du 11 novembre au 6 décembre 2025
  • Lieu : Théâtre Denise Pelletier (Montréal)
  • Spectacle : Cadide
  • Billetterie
D'autres articles de Guy Girard
L’amour ou rien : quand le monologue, la danse et la musique invitent à la réflexion…
Je suis allé voir L’amour ou rien à Espace Go en compagnie...
Lire plus
Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *