J’ai toujours eu un faible pour les classiques. Les grandes histoires d’amour qui finissent par triompher, les dialogues aiguisés, les héroïnes qui ne se laissent pas faire… Alors forcément, Orgueil et Préjugés a une place particulière dans mon imaginaire. Mais ce que j’ai découvert au Théâtre Denise-Pelletier, c’est bien plus qu’une adaptation fidèle : c’est une relecture drôle et follement actuelle. Un Darcy maladroit, une Lizzy indomptable, et une mise en scène qui dépoussière le tout sans trahir l’essence. Oui, les classiques peuvent encore nous surprendre.
Au Théâtre Denise-Pelletier, Orgueil et Préjugés revient à la vie sous la plume vive de Rébecca Déraspe et la mise en scène de Frédéric Bélanger. Le résultat ? Une relecture aussi libre qu’intelligente du roman culte de Jane Austen, qui réussit à conjuguer tradition et modernité avec audace, humour et sensibilité. Le genre de spectacle qui nous donne envie de tomber (ou retomber) en amour avec le théâtre.
Une relecture libre et rafraîchissante
Si l’histoire reste ancrée dans l’Angleterre du XIXe siècle, cette adaptation n’hésite pas à la bousculer. Expressions québécoises, musique pop accrocheuse, chorégraphies modernes et clins d’œil bien actuels insufflent une énergie nouvelle à ce classique de la littérature. On est loin d’une reconstitution sage : ici, ça bouge, ça brille, et surtout, ça nous parle.
Dès les premières minutes, les interprètes lancent une chorégraphie rythmée sur une trame musicale pop pour illustrer un bal organisé par Bingley. Un moment inattendu… et complètement assumé. On adore!
Une distribution étincelante et complice
Stéphanie Arav campe une Elizabeth Bennet entière, une femme qui s’affirme et qui n’a pas froid aux yeux. Face à elle, Thomas Derasp-Verge incarne un Darcy maladroit et touchant. Leur duo fonctionne à merveille.
Sandrine Bisson brille en mère Bennet rusée et théâtrale. Mention spéciale à Marie-Pier Labrecque, qui incarne à elle seule une sœur Bingley délicieusement condescendante et une Lady Catherine de Bourgh qu’on adore détester. Une présence scénique remarquable et un vrai plaisir à voir sur scène.
Un spectacle aussi drôle que pertinent
Loin d’une simple comédie romantique, cette version s’attaque à des thèmes contemporains comme le consentement, la pression sociale ou encore la liberté d’aimer à sa façon. Derrière les rires, les danses et les somptueux costumes, le spectacle propose une réflexion subtile sur ces questions.
Coproduction du Théâtre Denise-Pelletier et du Théâtre Advienne que pourra, Orgueil et Préjugés est à l’affiche au Théâtre Denise-Pelletier à Montréal jusqu’au 11 avril 2025. Un rendez-vous théâtral aussi réjouissant que pertinent, à ne pas manquer.
