Retour sur l’édition 2018 du FNC

Le FNC nourrit ma passion pour le cinéma à chaque édition et me permet de découvrir de nouveaux films ou de nouveaux talents. Et comme chaque année, cette édition du FNC a été une édition à la programmation riche et innovante.

Voici ma critique des films que j’ai pu voir cette année. 

If Beale Street Could Talk 

Barry Jenkins nous revient après son film Moonlight avec lequel il a remporté un Oscar, avec If Beale Street Could Talk, une adaptation d’un roman de James Baldwin. Tourné d’une manière hyperlyrique qui évoque les souvenirs de Terrence Malick à son meilleur, il est lourd en voix off poétique et en gros plans au ralenti. Ses personnages semblent parfois s’accorder avec le jazz et le blues qui font la trame sonore du film. L’histoire traite du racisme, d’une erreur judiciaire, d’un viol et de conflits familiaux, mais elle a toujours une allure de rêve.

Jenkins utilise un processus de narration non linéaire, sautant en arrière et en avant dans le temps. Heureusement, le récit est facile à suivre. Alonzo « Fonny » Hunt (Stephan James) est le jeune homme sensible qui essaie de savoir quoi faire de sa vie. Clémentine « Tish » Rivers (KiKi Layne) est la femme de 19 ans dont il tombe amoureux. Elle tombe enceinte, mais leur relation est mise en danger lorsqu’il est jeté en prison pour une accusation inventée de toutes pièces.

Comme dans Moonlight, Jenkins et son directeur de la photographie, James Laxton, remplissent le film de longues prises de vues élaborées dans lesquelles la caméra fait glisser les personnages. Le réalisateur et son équipe nous laissent tout le temps d’admirer la poésie des scènes de rue. Le style du film est tout à fait particulier, il n’est pas polémique, mais plutôt sensuel. 
C’est aussi un cinéma avec une touche de magie qui cherche et trouve la beauté dans les endroits les plus improbables. Un film que j’ai adoré!

 

The House That Jack Built

Matt Dillon incarne un architecte devenu meurtrier dans le dernier opus de Lars Von Trier, qui se joue de l’habituelle absence d’humour du réalisateur.

Aujourd’hui, il est de retour avec ce film gore mettant en scène un tueur en série superficiel et auto-satisfaisant. Il présente Uma Thurman comme une victime très, très stupide d’un tueur en série qui l’a un peu cherché. C’est un film qui se moque aussi de la politique sexuelle de grief et qui, pour faire bonne mesure, fait la lumière sur le renforcement des lois américaines sur les armes à feu. 

Matt Dillon incarne Jack, un tueur en série d’une soixantaine de meurtres à son actif, racontant sa terrible carrière à un homme incarné par Bruno Ganz, sur lequel nous ne posons pas les yeux avant la fin. Jack est un architecte intellectuellement accompli et un ingénieur, en plus d’être un connaisseur de l’art et de l’histoire européenne, dont un résumé inclut des citations visuelles des propres films de Von Trier. 

Jack a tué des femmes, surtout des femmes, d’une manière jubilatoire et sadique. D’ailleurs, la performance de Matt Dillon est remarquable ! Mais il y a beaucoup de conversations ennuyeuses et longues pour mener à la dernière séquence. Elle d’une morosité lente et désagréable certes, mais la scène est tellement ingénieuse en même temps. 

Un film à voir pour les amateurs de Lars Von Trier et ceux qui veulent le découvrir! 

The Guilty 

Le superbe premier film de Gustav Möller, The Guilty, qui a remporté de nombreux prix, est un cours de maître sur l’essoufflement et la tension à couper le souffle avec quelques ingrédients clés. Le film se déroule dans deux salles, et l’histoire se déroule dans une série d’appels téléphoniques. Un policier affecté temporairement à un poste de répartition d’urgence reçoit un appel désespéré d’une femme kidnappée. Les 75 minutes qui suivent sont si tendues qu’on oublie presque de respirer.

The Guilty est éclairé et photographié de façon conventionnelle et avec soin. Et la conception méticuleuse du son, en particulier les moments ponctuels de silence et d’immobilité, est essentielle à son succès. Mais l’étroitesse du champ visuel du film — une grande partie du drame se joue face au policier Asger Holm (Jakob Cedergren) — accentue l’ingéniosité d’un scénario qui nous permet de démêler un mystère en temps réel.

Sans trop en dévoiler — c’est un film qui se regarde le mieux quand on en sait le moins — la dextérité se révèle et se tord comme un coup de poing dans les tripes.

 

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